

Nous avons choisi de devenir famille d'accueil car je ne désirais pas m'engager pour une quinzaine d'années en prenant un chien de compagnie pour ma fille.
Elle même a déjà 16 ans et est donc susceptible de quitter le foyer familial avant la fin de cette longue période. De plus garder un chien aussi longtemps veut dire l'accompagner dans la maladie et la mort, et je n'ai pas envie de cela. Donc l'idée de devenir famille d'accueil pour chiots destinés à être chiens guides d'aveugle est une façon d'avoir un chien à la maison sans se sentir "coincé" pour plusieurs années.
C'est aussi le sentiment de ne pas être totalement égoïste dans notre plaisir, car cela nous permet de contribuer modestement à l'amélioration de la qualité de vie des personnes qui bénéficieront de l'aide de ces chiens.

Nous avons accueilli Baguera une femelle noire d'avril 2006 à février 2007, elle est actuellement en éducation à l'école de chien guide de Coubert près de Paris et apparemment tout se passe bien.
Ensuite nous avons eu Bonny une femelle noire de mi-mars à fin avril 2007, elle était âgée de 7 mois et nous avons remplacé sa famille d'accueil qui avait eu des problèmes de santé. Maintenant Bonny est rentrée chez "elle" et tout se passe bien.
Actuellement, Caliban un mâle noir vit chez nous depuis le 03 mai, il est âgé de 3 mois et demi. Il est adorable!!

Je ne dirais pas que c'est facile, mais tout au long de la vie du chiot à la maison, on ne perd pas de vue le fait qu'il n'est pas à nous et qu'un jour il faudra le rendre. Mais à chaque étape que le chiot passe avec succès et qui lui permet de continuer pour devenir chien guide, on attend les résultats avec angoisse et l'on est heureux qu'il atteigne son but.
A vrai dire il ne devrait pas y avoir de différences, car ce que nous demande d'abord l'éducateur qui suit notre famille, c'est de se comporter avec le chiot comme avec n'importe quel chien qui garde sa place d'animal au sein d'une famille.
C'est à dire que le chiot n'a bien entendu pas droit aux canapés et aux lits de la maison, ni de place à table ! Il a par contre sa propre place dans la maison que nous lui avons aménagée et que l'on respecte.
Pour le reste, des jeux, des câlins, des soins comme aux autres chiots.
Pour l'éducation proprement dite, on nous apprend des façons de procéder tout en douceur, on marche essentiellement à la récompense. L'éducateur est à nos côtés afin de surmonter les difficultés que l'on pourrait rencontrer. Grâce à ses méthodes et ses conseils, on progresse tous les jours dans notre relation avec le chiot qui lui a des capacités d'apprentissage étonnantes.
Je dirais donc que la différence essentielle se situe surtout dans l'accompagnement et le soutien que nous prodigue l'éducateur, choses que l'on a pas lorsque l'on prend un chiot lambda. Il faut à ce moment là se débrouiller seul et parfois l'on voit ce que cela donne de négatif.
Si vous êtes disponibles et que votre démarche a longuement mûri lancez vous dans l'aventure, elle vous permettra d'apprendre un tas de choses en rapport avec les chiens. Mais elle vous permettra aussi de rencontrer d'autres familles venues de tous horizons, ainsi que les personnes de l'association, bénévoles et professionnels tous aussi dévoués et qui ont un but en commun : faire d'un chiot quelconque un chien remarquable.
Interview de Mme Christine Bourely par Sarah Kastendeuch
